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Le Centre de la francophonie des Amériques désire mettre cette francophonie en mouvement en favorisant les échanges, le partenariat et le développement de réseaux.
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25 juin 2011

Les participants ont chaudement applaudi les trois panélistes Bïa Krieger, Andréanne Germain et Grégoire Chabot, qui ont formé un panel du tonnerre.
La chanteuse brésilienne Bïa Krieger a découvert le français pendant l'exil de ses parents au Portugal. « Je n'ai pas de racines françaises, je suis une adoptée. Pour moi, ce n'est pas le français avant tout, c'est le français aussi. »
Elle croit que ce qu'il faut au français, en Amérique latine, c'est moins de classicisme et plus de modernité. « Il y a deux raisons de parler une langue : parce qu'elle utile pour gagner sa vie et parce qu'on l'aime pour sa beauté ou sa poésie. Les gens s'assimilent parce que pour eux, la langue ne leur transmet plus d'émotion. Il nous faut des outils amoureux et poétiques. Il va falloir que la Francophonie se gagne. »
Pour le dramaturge et monologuiste Grégoire Chabot, la francophonie est une vaste toile. « Sa force ne vient pas juste des gros fils. Sa force vient aussi des petits liens entre ces fils. C'est pour ça que vous êtes ici. »
Grégoire Chabot en sait un bail sur l'assimilation, car il appartient à cette génération de Franco-Américains du Maine qui l'a vue de près. Excellent humoriste, il a raconté comment le français s'est délité dans les « Petits Canada », près des filatures de Nouvelle-Angleterre.
« D'une certaine manière, le français a été victime de son succès. Nos parents et nos grands-parents avaient tellement de succès à nous protéger de l'anglais qu'ils ne pensaient qu'à préserver. » Mais, raconte-t-il, les jeunes ont changé et ont voulu une vie meilleure, pas seulement préserver les acquis. Devant la résistance de leurs parents, ils sont passés à l'anglais. « On a tout perdu en ayant peur de tout perdre. Un avenir, ça se crée, ça ne se préserve pas. Dans préserver, il y a conserver, et il y a embaumer. »
La cinéaste franco-ontarienne Andréanne Germain a compris qu'elle avait un problème de langue quand elle s'est aperçue qu'elle cherchait ses mots pour parler à sa mère, en français. Elle est donc allée travailler à Rimouski, histoire de se refaire une langue.
Étudiante en cinéma, elle a eu l'idée d'un film intitulé Pis nous autres dans tout ça, réalisé grâce à l'Office national du film. Une idée simplissime : aller assister à la Saint-Jean-Baptiste à Québec en 2006 en brandissant des drapeaux ontariens et filmer les réactions.
Depuis, ses idées ont beaucoup évolué sur les rapports entre francophones au Canada. Elle admet d'ailleurs que les 90 minutes sur le panel, à répondre aux questions de participants colombiens, brésiliens, américains, lui ont ouvert les yeux.
« Je suis contente d'être venue, juste pour ça, en fait. Je n'avais jamais considéré la francophonie des Amériques. Je pensais plus en Canadienne française. Ça m'ouvre les yeux : ce serait bien qu'on s'allie. »
Jean-Benoît Nadeau*
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*Basé à Montréal, journaliste au magazine L'actualité, Jean-Benoît Nadeau a publié, avec son épouse Julia Barlow, divers ouvrages portant sur la francophonie, dont «La Grande aventure de la langue française» (The Story of French), parue en 2007. Il a publié six livres, signé 700 articles de magazine et remporté une quarantaine de prix de journalisme.
Dans le cadre du Forum des jeunes ambassadeurs de la francophonie des Amériques, il signera une série d'articles en tant que chroniqueur, à lire sur le portail du Centre jusqu'au 28 juin.