
Joignez la Communauté du site
Le Centre de la francophonie des Amériques désire mettre cette francophonie en mouvement en favorisant les échanges, le partenariat et le développement de réseaux.
2, côte de la Fabrique
Case postale 110, Succ. Haute-Ville
Québec (Québec) CANADA
G1R 4M8
Écrivez-nous
Téléphone : (418) 646-3300
Sans frais : 1 877 646-3322
Télécopieur : (418) 646-3232
22 août 2011
.jpg?1314018485)
Les francophones en situation minoritaire font erreur en faisant de l'école le lieu premier de développement de leur communauté, estiment les auteurs d'une nouvelle étude portant sur l'éducation et l'autonomie culturelle en milieu minoritaire.
Pour Rodrigue Landry, le directeur de l'Institut canadien de recherche sur les minorités linguistiques, cela ne fait pas de doute : l'école ne peut être la seule institution des communautés francophones canadiennes.
« L'école peut jouer un rôle de pierre angulaire, mais à la suite de l'étude, on pense qu'on s'y fie peut-être un peu trop pour assurer l'avenir de la francophonie. Quand on regarde les élèves, on voit qu'ils sont de plus en plus 'bilingues' au niveau identitaire, dans leur vécu. L'école ne peut tout faire », résume l'auteur, avec Réal Allard et Kenneth Deveau, d'École et autonomie culturelle : Enquête pancanadienne en milieu scolaire francophone minoritaire.
Les données recueillies dans le cadre de l'enquête le démontrent : plus ils avancent dans leur parcours scolaire, moins les élèves parlent le français à l'extérieur des salles de classe.
Parmi les écoliers franco-ontariens de troisième année, 63,2 % s'exprimaient surtout en français à l'extérieur des classes, en 2005. Rendus en 12e année, à peine 27 % des élèves considéraient utiliser « surtout le français » en dehors des cours. Un autre 36,2 % estimait s'exprimer « moitié-moitié » en français et en anglais.
« Il y a un nombre important de choses qui se passent à l'extérieur de l'école qui contribue à l'affaiblissement de l'identité, renchérit Kenneth Deveau. Par exemple, les francophones en milieux minoritaires ne consultent à peu près pas les médias francophones, alors que la télévision et la presse contribuent de façon importante à la construction identitaire. »
Médias et culture anglophones
Entre l'âge de 2 à 12 ans, le contact des jeunes franco-ontariens sera dans 51 % des cas « anglodominant » dans le cas d'Internet. Ni la musique, les journaux, magazines, livres, radios, télévisions, films et pièces de théâtre ne seront principalement abordés en français.
En ce sens, la petite enfance pose un grand défi, ajoute M. Landry.
« On a fait énormément de gains sur le plan institutionnel. Là où il n'y avait pas d'écoles, il y en a aujourd'hui. Mais on se rend compte que ça ne suffit pas. Les jeunes ont un vécu qui se passe surtout en anglais, et à peine 50 % des (enfants qui ont droit à l'éducation en langue française) vont aboutir dans des écoles françaises. » Les unions entre conjoints francophones et anglophones seraient principalement responsables de ce phénomène.
La clef : conscientiser
Les chercheurs postulent que pour renverser la tendance actuelle, les jeunes - et les moins jeunes, cela va sans dire - doivent être davantage conscientisés face à la valeur du français, à sa pertinence dans le contexte canadien, voire mondial.
« Plus les élèves auront été mis en contact avec la réalité des communautés francophones en situation minoritaire [...], plus cela leur donnera une conscience de la fragilité de la vitalité du français. Cela détermine les comportements futurs », dit M. Landry.
Pour les trois experts, cette prise de conscience passe par la définition d'une nouvelle identité francophone minoritaire pancanadienne. Se regrouper pour mieux cheminer, en somme.
« Le projet des Franco-Ontariens, des Franco-Manitobains [...] ça ne marche pas. Il faut que cette idée laisse place à un projet d'identité de francophones canadiens, dit M. Deveau. C'est une question de légitimité. Les francophones sont partout au Canada, on doit se voir comme étant membre d'une francophonie à l'échelle du pays, voire mondiale. »
Auteur : Philippe Orfali (Le Droit)
Source : Cyberpresse.ca/le-droit/
Image : Archives Le Droit