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La culture n'est pas qu'une marchandise - Chronique de Jean-Benoît Nadeau

1 juin 2011

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Les francophones ont une conscience aigüe du fait que la culture n'est pas qu'une marchandise, mais le mode d'expression même d'une identité. C'est ce qu'est venu nous rappeler Charles Vallerand, secrétaire général de la Fédération internationale des coalitions pour la diversité culturelle.

Ce sont en effet le Québec, la France et le Canada, puissamment appuyés par l'Organisation internationale de la Francophonie et un bon nombre de pays hispanophones, qui ont suscité la «Convention de l'UNESCO sur la diversité des expressions culturelles».

Ce traité international récent, créé en 2005 par le vote quasi unanime de 148 membres de l'UNESCO et ratifié depuis par 116 d'entre eux, vise à permettre aux nations de développer leurs politiques culturelles à l'abri des foudres de l'OMC.

« Il y a tout de même une limite : les pays membres ne peuvent pas utiliser la Convention contre d'autres cultures », explique Charles Vallerand. L'expert cite le cas de la Chine qui avait invoqué, à tort, la Convention pour limiter l'entrée sur son territoire à 30 films étrangers au lieu de développer un mécanisme qui réserverait un espace à sa production nationale. « L'esprit de la Convention n'est pas le rejet des autres, mais la promotion des cultures nationales. »

Cette Convention ne serait qu'une coquille vide s'il n'y avait, tout autour, des dizaines de grands organismes ayant pour vocation de l'animer. On pense notamment aux 43 coalitions nationales membres de la Fédération internationale que dirige Charles Vallerand. « Celle du Pérou a suscité la création d'un ministère de la Culture dans ce pays. »

Que signifiera la Convention dans les années à venir pour la francophonie des Amériques?

La Convention, selon Charles Vallerand, a l'avantage de reposer sur un concept ouvert qu'il appartient à chaque pays de définir. Son action ne vise pas à protéger un patrimoine, mais les réalisations actuelles ou futures.

Cela dit, pour que cette Convention puisse s'appliquer dans le cadre de la francophonie des Amériques, il faut que cette francophonie existe par son expression culturelle. « A-t-elle sa musique, sa littérature, son cinéma? Il faudra d'abord qu'elle aspire à l'expression culturelle. »

Jean-Benoît Nadeau*

 

Charles Vallerand

FICDC

 

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*Basé à Montréal, journaliste au magazine L'actualité, Jean-Benoît Nadeau a publié, avec son épouse Julia Barlow, divers ouvrages portant sur la francophonie, dont «La Grande aventure de la langue française»*, parue en 2007. Il a publié six livres, signé 700 articles de magazine et remporté une quarantaine de prix de journalisme.

Dans le cadre de l'Université d'été sur la francophonie des Amériques, il signera une série d'articles en tant que chroniqueur, à lire sur le portail du Centre jusqu'au 4 juin.