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Ouaouarons et bouillon d'Awara - Chronique de Jean-Benoît Nadeau

21 juin 2011

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C. Brian Barnett, professeur de français à l'Université d'Oregon, a interpelé directement les participants en racontant son approche pour enseigner le français dans cet État de la côte ouest. « J'étais participant au forum l'an dernier et je suis revenu en m'interrogeant sur la meilleure manière de transmettre la réalité du français des Amériques dans toute sa variété. »

Il raconte que lui-même s'était fait enseigner le français selon une perspective très franco-française sans jamais aborder le français d'ici. « À commencer par une partie de mon pays qui me concerne - la Louisiane. »

Il a donc exploré non seulement la Louisiane, mais la Guyane, Haïti, l'Acadie, le Québec. Grâce au documentaire Le Bouillon d'awara, ses étudiants ont pu découvrir que le français fait partie de la réalité sud-américaine. Sur la Louisiane, il a monté un cours de quatre jours basé sur les textes, la poésie, la musique. « Le français, ce n'est pas juste le Grand Dérangement. Le français est vivant », dit-il en montrant le travail de l'une de ses élèves, Les Aventures de M. Étouffée (site en anglais), qui raconte les démêlés d'un ouaouaron en lutte avec le héron Prudhomme!

Brian Barnett en conférence

Dr. C. Brian Barnett (à droite) avec Aida Ramirez (El Salvador) et Mélanie Routhier-Boudreau (Ontario) lors de la table ronde Jeunes et engagés pour la francophonie des Amériques.

 

Il travaille actuellement à monter un cours de français en tant que langue d'héritage, pour aider les jeunes qui renouent avec la langue de leurs aïeux (un phénomène en croissance actuellement).

Avec les participants, il a échangé quelques trucs pour surmonter la résistance à l'étude des variétés de français. « Dans les départements, l'attitude commence à changer. »

Ses élèves ne parlent pas tous le français au départ et certains sont mécontents d'être obligés de suivre des cours de français. « Il faut pouvoir démontrer l'utilité du français », dit-il, en racontant comment il est parvenu à boire une coupe de champagne avec le Roi des Belges, Albert II. « Quel est le problème d'être bilingue? »

Une difficulté additionnelle, que tous les profs de français connaissent bien : certains détestent l'accent québécois, et en fait tout ce qui n'est pas français. « Il faut être préparé aux réactions des étudiants. »

Nuri Mercury, de l'Université de Puebla, est intervenu sur ce point : elle fait valoir à ses étudiants que l'accent québécois est aussi légitime que l'accent mexicain par rapport au castillan. « En fait, il faut connaître avant de dire non. »

Jean-Benoît Nadeau*

 

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*Basé à Montréal, journaliste au magazine L'actualité, Jean-Benoît Nadeau a publié, avec son épouse Julia Barlow, divers ouvrages portant sur la francophonie, dont «La Grande aventure de la langue française» (The Story of French), parue en 2007. Il a publié six livres, signé 700 articles de magazine et remporté une quarantaine de prix de journalisme.

Dans le cadre du Forum des jeunes ambassadeurs de la francophonie des Amériques, il signera une série d'articles en tant que chroniqueur, à lire sur le portail du Centre jusqu'au 28 juin.