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Premier lever de drapeau de l’AFKW

5 octobre 2011

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L'Association des francophones de Kitchener-Waterloo (AFKW) a organisé son premier lever de drapeau le dimanche 25 septembre au parc Waterloo.

Une banale réunion de famille. À la bonne franquette et sans fioritures. De loin, on s'y laisserait prendre. Dans le ciel bleu, volent les ballons multicolores, lancés par des enfants qui s'étourdissent de leurs habituelles culbutes, et dans la tribu distraite des adultes qui les accompagne, on échange les derniers potins. Un détail appelle l'attention : accroché à l'un des piliers du kiosque qui leur sert de repaire, flotte le pavillon franco-ontarien. C'est donc bien cela : un pique-nique de la grande famille francophone.

Pour son premier lever de drapeau, on ne peut pas dire que l'AFKW ait démérité. Au contraire. Une trentaine de personnes ont répondu à l'appel de l'association, qui avait donné rendez-vous à ses membres et sympathisants, le dimanche 25 septembre, au parc Waterloo.

« On a commencé à en parler en décembre dernier, pendant nos réunions, explique Arlette Rauscher, vice-présidente de l'association. « On a fait ensuite un peu de publicité dans les écoles francophones, à travers nos différents réseaux et le site Meet up, où figurent toutes nos activités », précise Jeannette Reilly, la présidente. Sur son visage, on lit un certain soulagement : « Heureusement que les gens sont venus. Qu'est-ce qu'on aurait fait du gâteau pour 50 personnes que j'attends d'une minute à l'autre? », rit-elle.

Les organisateurs ont aussi souligné la journée des Franco-Ontariens en faisant un exercice ludique et didactique. Il s'agissait de d'arriver en tête d'un rallye ponctué de petites devinettes portant sur la francophonie. Plusieurs équipes ont été constituées. Au terme du parcours, les participants devaient être en mesure de former une phrase complète avec l'ensemble des réponses aux questions. « J'ai vu les questions, et ce n'est pas facile », sourit Denis Roulet. La phrase en question sonne comme un mot d'ordre : « Comme Canadiens, soyons fiers d'être francophones. Ensemble aventurons-nous dans la fierté et la bonne humeur. »

Éric Belzile, lui, est venu avec sa guitare sèche. Ces deux-là son inséparables. Cet enseignant à l'école Cardinal-Léger a choisi de faire vibrer la journée de quelques accords tranquilles, une note francophile aux accents de fierté revendiquée. Dans son répertoire, l'incontournable Mon beau drapeau et cette composition originale, reflet de son engagement au long cours : Bien plus qu'une langue . « Cela fait 25 ans que je suis enseignant, explique-t-il en adressant un regard complice à sa fille, Camélie. Dans mes classes, j'ai toujours veillé à ce que mes élèves parlent français. C'est comme cela que je cultive ma francophonie. J'en sème les graines ici et là, en me réjouissant de voir que cela porte parfois ses fruits. »

Le gâteau arrive enfin, mettant fin aux palpitations inquiètes de Jeannette. La boîte est posée sur l'une des tables avant d'en soulever délicatement le couvercle. Du blanc, du vert : le drapeau semble appétissant. On bat le rappel des enfants, qui ne tardent pas à se masser autour de la table dans un concert de pépiements enthousiastes. Dressé sur son mât, pareil à la figure de proue d'un vaisseau réchappé d'un naufrage, le pavillon gonflé par la brise prend soudain un air triomphant. On repense alors aux paroles de la chanson d'Éric Belzile, entêtantes comme une rumeur d'horizon : « On a parlé le français toute notre vie, peu importe la langue des affaires, jamais on ne nous fera taire. »

 

Source : http://www.leregional.com

par Jorge Oliveira