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Quelques réflexions - Chronique de Jean-Benoît Nadeau

2 juin 2011

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Savante présentation du professeur Joseph G. Turi, grand spécialiste des politiques linguistiques et culturelles et secrétaire général de l'Académie internationale de droit linguistique. L'heure qui lui était allouée était bien courte pour faire le tour de toute la question des politiques linguistiques au Québec, au gouvernement fédéral, et dans chacune des provinces, dans un cadre bijuridique - excusez du peu! - en plus de faire état du cas d'Haïti et des Départements français dans les Antilles.

Sa présentation m'a inspiré quelques réflexions :

1) D'abord l'OÉA : quand on songe que la francophonie dans de nombreux pays latino-américains découle de l'admiration des élites locales pour la France, je m'étonne que la France ne soit pas membres de l'Organisation des États américains. Je ne connais pas les critères d'adhésion à cet organisme, mais il y a là, clairement, un trou béant qui demande une explication, car le fait français perd ainsi un élément de visibilité extraordinaire.

2) Ensuite l'Alliance française : j'aimerais bien qu'un jour la Fondation Alliance française vienne nous expliquer les actions qu'elle porte en matière de francophonie des Amériques. En dehors du Canada, d'Haïti et des Départements français, la langue française en Amérique existe en dehors de tout État. Les Alliances françaises représentent souvent la seule épine dorsale institutionnelle et je sais d'expérience que ces Alliances ont depuis près de 30 ans un mandat francophone et non plus seulement français. J'ai l'intuition qu'on ne pourra pas envisager une francophonie des Amériques en dehors du Canada sans imaginer le rôle que les 200 Alliances françaises du continent pourraient y jouer.Il faudrait sans doute aussi élargir la réflexion aux quelque 80 lycées et collèges français.

3) Enfin les Services culturels : Outre l'Alliance française, le seul autre cadre d'action provient de la diplomatie culturelle officielle. Elle émane principalement des ambassades et consulats français, et dans une moindre mesure des bureaux du Québec et de celui de Communauté française de Belgique à Lafayette.

Je ne pense pas qu'on puisse faire l'économie de voir comment agissent ces institutions et comment on pourrait susciter l'action culturelle des autres pays francophones ayant une représentation diplomatique.

Jean-Benoît Nadeau*

 

Joseph G. Turi

AIDL

 

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*Basé à Montréal, journaliste au magazine L'actualité, Jean-Benoît Nadeau a publié, avec son épouse Julia Barlow, divers ouvrages portant sur la francophonie, dont «La Grande aventure de la langue française»*, parue en 2007. Il a publié six livres, signé 700 articles de magazine et remporté une quarantaine de prix de journalisme.

Dans le cadre de l'Université d'été sur la francophonie des Amériques, il signera une série d'articles en tant que chroniqueur, à lire sur le portail du Centre jusqu'au 4 juin.