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Le groupe de rock louisianais Isle Dernière célèbre sa culture régionale en faisant danser - et réfléchir- les participants du Forum mondial de la langue française.
Armé d'une guitare rouge et d'une voix puissante, Rocky McKeon chante le rock et le blues de sa région native. Loin du son de Lead Belly ou Muddy Waters, c'est un nouveau son attaché aux accords simples du rock, mais plus grunge, plus électrifié, et en français. Si la musique d'Isle Dernière fait danser, elle fait surtout réfléchir. Ses rythmes et paroles nourrissent son combat pour la langue française et pour la préservation de l'environnement de la Louisiane.
Lorsqu'il n'est pas sur scène ou en train d'écrire de nouvelles chansons, Rocky travaille activement à la préservation de la langue française en donnant des cours de langues, toujours dans son accent et dialecte louisianais. Originaire du Canal à Robinson, Rocky habite maintenant Houma. Cette ville, la plus grande du sud de la Louisiane, est la mieux connue pour avoir joué le rôle de quartier général pendant l'affaire «huile dans la mer» liée au désastre de Deepwater Horizon en 2010. Les répercussions du déversement de milliers de tonnes de pétrole dans le Golfe du Mexique continue à affecter l'environnement et l'économie de la Louisiane et des états environnants. Pour attirer l'œil de la communauté internationale sur ce désastre, Rocky a écrit la chanson «Le Grand Gosier» qui a ensuite été reprise par Zachary Richard et enregistrée par une douzaine d'artistes. Tous les fonds levés par sa production sont allés directement aider des pêcheurs louisianais.
De son nom, Isle Dernière fait référence à un petit archipel d'îles au sud de la Louisiane qui furent complètement détruite lors d'un ouragan en 1856. Si Rocky et ses musiciens continuent à sensibiliser leurs audiences sur les enjeux pour le fait français et les réalités écologiques de la Louisiane, on peut être sur qu'ils ne subiront pas le même sort que leur homonyme.
Marjolaine Whittlesey