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Le Centre de la francophonie des Amériques désire mettre cette francophonie en mouvement en favorisant les échanges, le partenariat et le développement de réseaux.
«Ils sont venu chez-nous, ils nous ont envahi, ils ont imposé leur langue et leur culture, et maintenant, je me bats pour que la mienne, ma langue, celle de ma mère, on la parle encore. Et que ma culture, celle de mes grands-pères, on la pleure et on la rit encore, haut et fort.»
Au Forum mondial de la langue française à Québec, on serait porté à croire que ce sont là les mots d'un canadien français face à l'envahisseur anglais.
Je réalise pourtant qu'ici, ces mots on peut les mettre dans la bouche de plusieurs et que contrairement à ce qu'on est porté à croire, c'est souvent le français qui joue le rôle de l'oppresseur !
Les haïtiens se sont vus imposer la langue française au détriment de leur créole maternel. Les autochtone du Québec on vécu la même chose et ils en ont souvent perdu à jamais la langue de leurs ancêtres.
Je ne dis pas qu'elle n'est pas belle cette francophonie et qu'elle ne mérite plus de rayonner, au contraire. Je milite toujours pour que partout, on y parle la langue de chez-nous, de l'île d'Orléans jusqu'à la Contre-Escarpe et plus loin encore...
Mais c'est tellement important de réaliser qu'il ne faudra plus jamais le faire au détriment de toute autre culture. C'est même dans nos combats pour le rayonnement du français notre devoir d'aussi prêter main forte aux autres défenseurs culturels.
Ma francophonie est anglophone, et guess what ? C'est all goude! J'ai des amis dans le sud pour qui la francophonie est espagnole, et plus au nord, pour qui elle est inuktitut.
Je réalise qu'apprendre le français, ce n'est pas s'ouvrir à une autre culture, c'est s'ouvrir à cent milles autres cultures. C'est là toute sa richesse.
Yan Dallaire