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Le Centre de la francophonie des Amériques désire mettre cette francophonie en mouvement en favorisant les échanges, le partenariat et le développement de réseaux.
L'atelier Le français, vivons-le ensemble ! a donné place à d'intéressants échanges sur la fameuse notion de francophones et de francophiles, encore bien présente au sein de la francophonie canadienne.
Un peu à l'image de Marc Arnal, doyen du Campus St-Jean à l'Université de l'Alberta qui lançait en boutade que son père disait souvent: «S'il y a 10 personnes à table et que tout le monde pense pareil, il y a neuf personnes de trop !», on a eu droit cet après-midi à une variété d'interventions autour de l'atelier animé par André Lalonde, à commencer par l'ancien président du Conseil québécois de la langue française. D'entrée de jeu, Conrad Ouellon, représentant le point de vue québécois, mentionnait que la notion de francophonie en fonction des liens de parenté et de religion entre les Québécois et les francophones du Canada devait être revue. «Imaginez, il y a 35000 immigrants francophones venant d'autres cultures, qui arrivent annuellement au Québec.»
Abordant dans le même sens, Marie-France Kenny, membre du conseil d'administration du Centre de la francophonie des Amériques (Centre) et présidente de la Fédération des communautés francophones acadienne, montrait son impatience à l'effet qu'il fallait arrêter de penser qu'un Maghrébin ou «une Québécoise d'origine vietnamienne née au Québec» ne pouvait pas être considérés comme francophones.
Cette question à propos de qui est francophone et qui est francophile s'est poursuivi avec l'intervention notamment de l'Albertain Michael Tyron, président de Parents for French, qui a bien fait sentir qu'il souhaitait être perçu comme francophone puisqu'il utilisait couramment le français.
D'un autre côté, Jean-Marie Nadeau, président de la Société de l'Acadie du Nouveau-Brunswick tenait tout de même à mentionner qu'il ne faut pas sombrer dans l'angélisme. «Le mot assimilation est presque devenu tabou. Pourtant, même chez nous, on est passé de 9 à 11 % d'assimilation.»
Entre les uns qui parlent de l'aspect qualitatif - «Nous ne sommes pas un peuple minoritaire, nous sommes un peuple de langue minoritaire», disait Trèva Cousineau du CA du Centre - et ceux qui craignent que l'assimilation réduisent considérablement le nombre de francophones au pays, Max Jean-Louis, un autre membre du CA du Centre, a avancé l'idée - de son œil de francophone d'Haïti - qu'il fallait cesser de faire des distinctions entre Québécois et Canadiens francophones. «Il faut arrêter de se chamailler, mais plutôt se rassembler. Qu'on soit Québécois ou Fransaskois, on pourrait peut-être dire tout simplement Canadiens français...», laissa-t-il tomber sous les murmures d'une assistance pas vraiment convaincue du retour de cette expression.
Histoire sans doute de faire consensus, Serge Rousselle de l'Université de Moncton suggérait que les divers organismes francophones canadiens de laissent un siège à des représentants du Québec. C e serait là une preuve d'ouverture.» L'idée sera-t-elle reprise ?
Auteur : André Magny