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Le Centre de la francophonie des Amériques désire mettre cette francophonie en mouvement en favorisant les échanges, le partenariat et le développement de réseaux.
«Les gens ne s'intéressent pas à la situation économique des entreprises francophones», constatait, consternée, l'association SADC+CAE* en 2007.
Lors des débuts du Réseau de la Société d'aide au développement des collectivités et Centre d'aide aux entreprises (SADC+CAE), il n'existait pas de données au sujet de l'espace économique francophone. Pas de détails sur les entrepreneurs, pas de statistiques sur le chiffre d'affaires des business, pas non plus d'informations sur les succès: «On pense qu'on connait les intervenants et les acteurs des entreprises francophones, mais non, c'est faux!», souligne Hélène Deslauriers, directrice générale du Réseau. En 2007, la SADC+CAE devait s'attaquer à des années d'obscurité sur la question.
En 2007, le SADC+CAE devenait une marque déposée pour combler les manques. En 2008, l'organisation profite de la conjoncture pour attirer l'attention des entrepreneurs; avec la crise économique, on remarque une hausse de l'intérêt des investisseurs à s'informer des marchés francophones. Aujourd'hui, le SADC+CAE possède 15 «missions économiques» avec, par exemple, une collaboration entre la ville de Granby et le Manitoba, entre l'Abitibi et le Nouveau-Brunswick.
Si les relations économiques apportent uniquement du bon, pourquoi n'a-t-on pas commencé à s'y intéresser avant 2007? D'après Mariette Mulaire, présidente-directrice générale de l'ANIM, l'Agence bilingue d'échanges commerciaux du Manitoba, les francophones auraient une relation face à l'argent un peu différente du reste du Canada. Non seulement ça, mais Anne Hébert, directrice générale du Conseil économique du Nouveau-Brunswick, souligne que certains voient un fardeau économique lorsqu'il faut traduire de l'anglais au français, par exemple. Il s'agit de penser à des articles comme celui paru dans le Prince Arthur Herald en novembre dernier pour sentir le pouls d'un Canada anglais encore rébarbatif au bilinguisme.
Selon Daniel Dickin, l'auteur de l'article qui avait soulevé bien de la poussière en novembre dernier, la minorité francophone ne vaut pas les coûts qu'occurre le bilinguisme. Alors, vraiment, un fardeau le bilinguisme?
Ce n'est pas un poids, c'est une valeur ajoutée
On sait que l'aide de l'État est crucial pour la survie et l'épanouissement de la francophonie dans les provinces majoritairement anglophones. Pourtant, Mariette Mulaire refuse de croire que les communautés francophones sont un poids: «Les agences [comme l'ANIM ou la SADC+CAE] engendrent un retour sur l'investissement pour le gouvernement puisqu'elles créent de l'emploi.» Plus de salaire rime avec augmentation d'impôt, des sommes qui retournent au gouvernement. Ainsi, croit la présidente-directrice de l'ANIM, la communauté francophone est plutôt une façon de faire vibrer le Canada.
D'ailleurs, l'ANIM tâche depuis 2007 de renverser la vapeur. Plutôt que parler de «droits» à la langue, le Manitoba a commencé à parler de «valeur ajoutée». Le changement de vocabulaire fait soudainement dresser les oreilles du côté des anglophones. Tout à coup, c'est l'ensemble de la communauté manitobaine qui s'intéresse à l'économie.
Autrefois uniquement partenaire des acteurs locaux, l'agence bilingue mise maintenant sur les rapports internationaux pour faire rayonner la francophonie manitobaine... hors du Canada.
Auteure : Anabel Cossette Civitella
* Le Réseau des SADC et CAE est un regroupement d'organismes à but non lucratif qui travaille à faire émerger le meilleur des régions et à assurer leur développement. Le Réseau compte actuellement 57 SADC et 10 CAE, tous autonomes. C'est aussi 1 350 bénévoles et 400 professionnels qui trouvent des solutions et qui agissent pour le mieux-être de nos collectivités et cela, depuis plus de 25 ans! Il compte sur des actifs de 200 millions de dollars. Chaque année, plus de 9 300 entreprises et organismes bénéficient des services d'une Société d'aide au développement des collectivités (SADC) ou d'un Centre d'aide aux entreprises (CAE).