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Le Centre de la francophonie des Amériques désire mettre cette francophonie en mouvement en favorisant les échanges, le partenariat et le développement de réseaux.
Les préoccupations des membres de la communauté francophone à propos de l'utilisation du français sur Internet ne tarissent pas. Elles se rangent dans deux catégories: la fréquence de l'utilisation du français et la qualité de la langue sur les réseaux sociaux, les commentaires d'articles et les diverses plateformes d'interaction en ligne. Pourtant, les spécialistes du panel sur les réseaux sociaux au Forum de la francophonie canadienne dressent un bilan quelque peu plus optimiste.
Martin Lessard, journaliste au blogue techno Triplex de Radio-Canada, ne partage pas les inquiétudes quant à la qualité du français qui circule sur le Web. Au contraire, il trouve positif la démocratisation de cet outil, ce qui permet à une plus grande partie de la population d'écrire fréquemment, un privilège réservé autrefois à une élite professionnelle et intellectuelle. «Plus de gens écrivent alors c'est normal qu'on lise différents niveaux de français,» fait-il remarquer en entrevue.
Le panel accueillait aussi Pierre C. Bélanger, professeur titulaire au département de communication de l'université d'Ottawa et Vincent Tanguay, vice-président innovation et transfert au Centre francophone d'informatisation des organisations. Les intervenants ont abordé la question de l'interdépendance entre le monde virtuel et la réalité physique des communautés francophones. Bien qu'il s'agisse peut-être d'un problème de poule et d'œuf, un des moyens de promouvoir le français sur les réseaux sociaux et sur Internet serait de renforcer les liens physiques entre les gens qui vivent dans un lieu géographique majoritairement anglophone. Comme un membre du public l'a argumenté, il est injuste de blâmer les jeunes pour leur utilisation presqu'exclusive de l'anglais sur leur ordinateurs quand c'est la seule langue qu'ils utilisent, dans la cour d'école et sur les réseaux sociaux.
Il faut donc peut-être trouver des solutions tangibles aux problématiques informationnelles; comme par exemple, financer des garderies francophones pour les minorités francophones éparses au Canada. Comme le souligne M. Lessard, «c'est se mentir que de croire qu'on va rejoindre plus de lecteurs à travers le monde en écrivant sur Internet en anglais». Mieux vaut être un géant dans un petit étang et exploiter ses liens de proximité avec son entourage pour se construire un réseau en ligne.
Une autre façon de franciser le Web, comme le souligne M. Bélanger, serait de produire du contenu pertinent en français. Le paneliste utilisait l'exemple d'outils pédagogiques qu'on retrouve sur internet. «Souvent pour comprendre une démonstration, les étudiants vont aller voir les sites TED des États Unis et des vidéos sur YouTube. Si on produit ce qu'ils demandent en français, plus de gens vont l'utiliser en français.» Même son de cloche pour les réseaux de pratiques professionnels qui permettent aux techniciens de l'informatique par exemple de résoudre des problèmes plus rapidement. Si ces réseaux sont moussés par des professionnels francophones, les utilisateurs francophones n'auront pas de choix à faire.
Auteure : Emma Ailinn Hautecoeur