Centre de la Francophonie des Amériques

Saint-Pierre-et-Miquelon

Tout comme au Canada et aux États-Unis, la francophonie à Saint-Pierre-et-Miquelon est le fruit d’une réalité sociohistorique de plus de quatre cents ans, riche de plusieurs mouvements migratoires qui ont favorisé l’établissement d’une identité distinctive et un attachement politique à la France métropolitaine.

 

Contexte historique

C’est en 1536 que Jacques Cartier arrive à Saint-Pierre-et-Miquelon et nomme l’île principale de l’archipel d’après Saint Pierre, patron des pêcheurs. Dès le XVIe siècle, des pêcheurs bretons, normands et basques s’installent sur ce qui sera connu comme la côte française de Terre-Neuve, à laquelle était alors rattaché l’archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon qui verra ses premiers établissements permanents érigés par ces derniers, aux alentours de 1604.

En 1713, la France, tout en conservant des droits de pêche exclusifs, cède l’archipel à la couronne britannique dans le cadre du traité d’Utrecht, tout comme le reste de ses possessions terre-neuviennes et une portion considérable de ses territoires acadiens. La population sera néanmoins peu touchée par ces changements et continuera à prospérer en toute quiétude jusqu’à la guerre de Sept Ans.

En 1763, le Traité de Paris met fin au contentieux opposant Français et Britanniques en Amérique du Nord et scelle le sort de l’archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon qui sera rétrocédé à la France. Bientôt, toutefois, la Révolution française entraîne l’exode massif d’une bonne partie des populations saint-pierraise et miquelonnaise, en particulier des Acadiens, qui fuiront de nouveau vers les îles de la Madeleine. Une vague migratoire qui sera de courte durée, puisqu’une attaque britannique mettra fin aux avancées révolutionnaires en 1793. Les îles retourneront définitivement sous souveraineté française au début du XIXe siècle.

Par ailleurs, de nombreux Acadiens fuyant le Grand Dérangement trouveront refuge sur les îles de Saint-Pierre, de Miquelon et de Langlade, contribuant ainsi à accroître la démographie des îles et à diversifier leur portrait socioculturel.

La prospérité de l’archipel sera assurée par l’industrie de la pêche à la morue, puis, de 1919 à 1933, à l’époque de la prohibition aux États-Unis, par le commerce et la contrebande de boissons alcoolisées françaises, rendues illégales au pays de l’Oncle Sam.

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, Saint-Pierre-et-Miquelon est l’un des premiers territoires français libéré par les armées de la France libre. Aux lendemains de la guerre, les territoires sont proprement intégrés au reste de la République française à travers différents statuts territoriaux, jusqu’au statut actuel de « collectivité territoriale d’outre-mer », à l’instar de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin dans les Antilles, mais à la différence de la Guadeloupe et de la Martinique qui ont le statut de département d’outre-mer.

Depuis les années 1960, le déclin de l’industrie de la pêche à la morue et plus récemment, la mondialisation grandissante, contribuent à ouvrir Saint-Pierre-et-Miquelon sur le monde et à ancrer l’archipel dans les Amériques, en dynamisant l’industrie touristique et en souhaitant faire de Saint-Pierre-et-Miquelon un avant-poste des intérêts et du savoir-faire européens aux portes de l’Amérique du Nord.

Aujourd’hui, les Saint-Pierrais et les Miquelonnais constituent une société francophone relativement homogène et culturellement distincte de la France. Officiellement 100 % des 6 000 habitants parlent français, la quasi-totalité étant originaires de l’archipel.

Source : Étude réalisée en 2013 par Étienne Rivard, coordonnateur scientifique, Centre interuniversitaire d'études québécoises (CIEQ), Université Laval.

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