Centre de la Francophonie des Amériques

Amérique latine

Francophonie en Amérique latine

Contexte historique

L’Amérique latine appartient à la réalité cosmopolite et francophile de la francophonie des Amériques.

À l’exception de la Guyane, département d'outre-mer français, l’Amérique latine compte une longue histoire de francophilie, remontant aux origines des colonisations espagnole et portugaise. En effet, à cette époque, la France jouit d’une influence très considérable en Europe et le français tend à s’imposer comme langue internationale. Ainsi, les élites portugaises et espagnoles dominant la scène coloniale d’Amérique se démarqueront par leur francophilie.

Au début du XIXe siècle, les idéaux des Lumières et de la Révolution française alimenteront l’ouragan révolutionnaire qui balaiera l’ensemble de l’Amérique latine. À la suite de l’indépendance des pays latino-américains, les liens politiques tissés entre la France et les pays d’Amérique latine seront particulièrement étroits, jusqu’aux lendemains de la Deuxième Guerre mondiale, où l’influence et la place prépondérante de la France s’estompera peu à peu au profit des États-Unis. Jusqu’à la seconde moitié du XXe siècle, le français demeurera la première langue étrangère apprise dans les pays d’Amérique latine.

Parallèlement, suite à la perte de la plupart de ses colonies d’Amérique du Nord et des Antilles et de l’instabilité politique au pays, de nombreux Français prendront la route de l’Amérique centrale ou du Sud entre la seconde moitié du XIXe siècle et la première moitié du XXe. Le Brésil accueillera près de 100 000 immigrants Français, ayant plus d’un million de descendants aujourd’hui. En Argentine, ce sont plus de 261 000 Français qui immigreront au pays entre 1857 et 1946, des immigrants qui influenceront durablement la culture et l’identité locale, à l’instar d’autres pays d’Amérique latine qui accueilleront aussi plusieurs dizaines de milliers d’immigrants Français, notamment le Chili (25 000 immigrants et plus de 500 000 descendants) et l’Uruguay (25 000 immigrants et 300 000 descendants). En 2006, dans le cadre du recensement de la population, plus de six millions d’Argentins, soit 17 % de la population, se réclamaient d’ascendance française.

Faits saillants

Aujourd’hui, le français demeure la deuxième langue étrangère apprise dans les pays latino-américains, derrière l’anglais et devant l’espagnol au Brésil et le portugais dans les pays hispanophones. La pratique du français demeure très répandue au sein des élites et des classes sociales privilégiées et son apprentissage demeure obligatoire à certains endroits, comme au Costa Rica, ou encore fortement valorisé dans les cours de langues au choix, obligatoires dans les cursus scolaires en Argentine, au Brésil et au Chili notamment.

Au Brésil, un étudiant boursier sur quatre choisit la France pour ses études à l’étranger et un nombre croissant, le Canada francophone.

La présence bien ancrée de communautés religieuses catholiques canadiennes francophones dans divers pays d’Amérique latine ; la proximité culturelle et linguistique entre le français et l’espagnol d’une part, et le français et le portugais d’autre part, et les facilités d’apprentissage qui en résultent; le poids croissant des touristes francophones ; ainsi que les projets d’immigration à destination du Canada francophone que nourrissent un nombre croissant de Latino-Américains, contribuent à amplifier l’intérêt pour l’apprentissage du français.

Enfin, en l’absence de recensements nationaux colligeant ce type de données, il est particulièrement hasardeux et fastidieux de tenter d’évaluer le nombre de locuteurs de français en Amérique latine. En revanche, dans son Espace francophone des Amériques : essai de dénombrement et de cartographie de 2013, le géographe Étienne Rivard évaluait à 2 344 261 le nombre de locuteurs de français en Amérique centrale et en Amérique du Sud. Ces chiffres ne comptabilisant que les ressortissants des pays membres de l’OIF déclarés sur une base volontaire, les étudiants des Alliances françaises et les données sur les étudiants des universités membres de l’Agence universitaire de la francophonie, il y a tout lieu de croire qu’en réalité, ces chiffres seraient beaucoup plus importants.

Source : Étude réalisée en 2013 par Étienne Rivard, coordonnateur scientifique, Centre interuniversitaire d'études québécoises (CIEQ), Université Laval.

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