

Chroniques de Jean-Benoît Nadeau

Le Centre est fier d'annoncer sa collaboration avec Jean-Benoît Nadeau, qui a publié six livres, signé 700 articles de magazine et remporté une quarantaine de prix de journalisme. Basé à Montréal, journaliste au magazine L'actualité, M. Nadeau a publié, avec son épouse Julia Barlow, divers ouvrages portant sur la francophonie, dont «La Grande aventure de la langue française» (The Story of French, pour l'édition américaine), parue en 2007. Dans le cadre de l'Université d'été sur la francophonie des Amériques, il signera une série d'articles en tant que chroniqueur, à lire sur le portail du Centre jusqu'au 4 juin.
Cause Caron : pour repenser l'Ouest
Dustin McNichol a un statut particulier à l'Université d'été 2011 puisqu'il est à la fois étudiant et présentateur. Son exposé, sur la Cause Caron, le grand enjeu en matière de droits linguistiques pour l'Ouest canadien, a d'ailleurs été mémorable. On sait déjà que l'affaire Caron fera date, au même titre que les arrêts Mercure, Mahé et Forest.
Portrait d'un participant : Dustin McNichol
« Au début, je ne voulais pas apprendre le français », raconte Dustin McNichol, un Albertain de 25 ans venu nous présenter les détails de la Cause Caron, qui mobilise tous les francophones de l'Ouest canadien.
Portrait d'une participante : Claudia Gaiotti
Claudia Gaiotti est professeure à l'Université de Buenos Aires. Attachée au département de philosophie et lettres, elle enseigne l'écriture en langue française à des étudiants provenant de diverses facultés - science, anthropologie, etc. - qui veulent ou doivent publier en français dans le cadre de leur travail.
Des nouvelles de Bayou Lafourche
Amanda LaFleur, professeure de français à l'Université de Louisiane à Bâton Rouge (Louisiane State University), est assurée de dérider les participants avec son exposé sur les variations linguistiques en pays cadien. Auteure, elle a notamment participé à la rédaction du Dictionnaire du français de Louisiane (Dictionary of Louisiana French), sur lequel elle a travaillé dix ans.
Quelques réflexions
Savante présentation du professeur Joseph G. Turi, grand spécialiste des politiques linguistiques et culturelles et secrétaire général de l'Académie internationale de droit linguistique. L'heure qui lui était allouée était bien courte pour faire le tour de toute la question des politiques linguistiques...
La culture n'est pas qu'une marchandise
Les francophones ont une conscience aigüe du fait que la culture n'est pas qu'une marchandise, mais le mode d'expression même d'une identité. C'est ce qu'est venu nous rappeler Charles Vallerand, secrétaire général de la Fédération internationale des coalitions pour la diversité culturelle.
Portrait d'une participante - Pour le droit de savoir
Maureen Waters O'Neill, doctorante en science de la gestion à Angers, en France, se considère comme une réfugiée linguistique. Elle affirme avoir quitté les États-Unis parce qu'on n'y parle pas français. « Je vais vivre en français, je vais travailler en français, que ce soit dans l'entreprise ou en diplomatie. » Pourtant, personne ne parlait le français chez elle, à Ann Harbor, au Michigan, mais elle l'a tout de même attrapé très jeune.
Un beau débat
La présentation du professeur Jean Lafontant - Langue, culture, identité : quel rapport? - a suscité un beau débat parmi les participants. Le professeur avançait l'idée qu'il n'y a pas de rapport entre les trois, malgré ce qu'on en dit. Sa thèse a suscité un débat, ouvert par Évelyne Kémajou, une Albertaine d'origine camerounaise.
Compter les francophones
Combien y a-t-il de francophones? Et qu'est-ce qu'un francophone? Ces deux questions, piliers du travail du professeur Jean-Claude Redonnet, ouvrent un véritable boulevard pour la recherche aux États-Unis. Le professeur émérite de la Sorbonne, devenu américain par les joies du mariage, se définit lui-même comme un francophone des États-Unis. Non pas parce que le français est sa langue maternelle, mais « parce qu'un francophone est quelqu'un qui utilise le français dans sa vie personnelle ou professionnelle », explique-t-il, conscient qu'une telle définition est un brin iconoclaste au Canada.
À la recherche d'un nouveau paradigme
«On veut casser le paradigme», explique Denis Desgagné, le nouveau président directeur-général du Centre de la francophonie des Amériques (Centre). «Jusqu'à présent, la pensée sur la francophonie a surtout émané de l'école québécoise et de l'école acadienne. Il se développe actuellement une école pensée distincte dans l'ouest canadien. En général, leur réflexion porte sur la francophonie canadienne, mais nous cherchons à pousser plus loin, sur une francophonie qui inclurait les États-Unis, les Caraïbes et l'Amérique latine.»